mardi 31 décembre 2013

2013 tu pues mais je t'aime bien

JE SUIS PAS A LA BOURRE, JE SUIS PAS A LA BOURRE !

Donc ainsi, 2013 se termine ce soir. Et comment vous dire...
C'était pourri.
Genre vraiment. Genre pourri de chez pourri.
Je suis passée par des insomnies en début d'année accompagnées de magnifiques angoisses nocturnes (à présent, j'ai juste un peu peur du noir et lorsque je dors seule, c'est avec la lampe halogène légèrement allumée. Mais je le vis bien.), je suis passée par plusieurs crises avec Mercutio durant lesquelles j'étais ingrate, envahissante, pleurnicheuse, légèrement sociopathe sur les bords et insupportable. L'école a été difficile à vivre, ma classe est une classe d'enfoirés (il y a des personnes adorables, bien sûr, mais comme vous me connaissez, je ne vois et ne retiens que ce qui ne va pas). Mes relations avec ma soeur ont été impossibles, avec ces histoires de vols d'objets de sa part et de cassage de sucre dans son dos de ma part. J'ai fait une dépression (encore) de laquelle j'essaie tout doucement de me sortir à grand coup d'antidépresseurs et de séances chez le kinésithérapeute spécialiste en hypnose et en sophrologie.
Je me suis beaucoup détestée, beaucoup haïe, beaucoup morigénée, j'ai eu un mal fou à cohabiter avec moi-même.
J'ai eu droit à des furoncles en masse, signe d'un possible diabète (il faut encore faire une prise de sang pour s'en assurer). Si vous voulez savoir, ça fait mal, ça grossit vite, ça contient quelque chose de bleu-gris et c'est chiant.
Non, vous ne vouliez pas savoir, je sais.
Je suis aussi passée par de nombreux doutes concernant ma relation avec Mercutio, je passais des soirées à décortiquer son comportement encore et encore dans mon journal, et ça ne s'est calmé qu'en fin d'année où justement, notre relation a pris un tournant assez excitant (genre une petite demande de fiançailles qui se profile à l'horizon, tu vois le genre).
J'ai fait des maladies psychosomatiques en masse vers la fin de l'année, à cause du stress à l'idée d'aller à l'école, j'ai fait une cystite de laquelle je suis sortie avec un stress monstre à l'idée de prendre les transports et une relation d'incompréhension avec mon corps que j'ai à présent du mal à reconnaître comme le mien.
Bref, pourri.

Mais comme l'année précédente, je peux vous faire l'historique de mon année 2013 grâce à mon fidèle journal (c'est pratique, ces petits machins-là). Et comme l'année précédente, nous allons diviser cela en deux parties : le bon, le mauvais (on mélange pas les torchons et les serviettes, quoi...).


*~Le Bon~*

 1er janvier : Je commence bien l'année avec un réveillon de Nouvel An fort sympathique, accompagnée de mon père, de la meilleure amie de celui-ci, de l'amie de cette amie et de l'ami de l'amie de l'amie de mon père (tout va bien). On parle de tout, de rien, et le jour-même, dans un geste malencontreux, je fais tomber la montre à gousset de 113 ans offerte par ma Grand-mère quelques semaines auparavant. Et elle s'est remise à fonctionner.
L'année s'annonçait donc bien.
Grosse feinte.

♥ 4 janvier : On remplace enfin ma photo de carte d'identité, l'ancienne photo me représentant avec les cheveux courts de mes 12 ans. Trois mois plus tard, la photo ne me ressemble déjà plus. Faut jamais faire confiance à mes cheveux.

♥ En janvier, Carmen commence à se travestir.

♥ 13 janvier : Mercutio me présente sa librairie préférée, Filigranes, qui s'avère vendre tous les genres de bouquins possible. Des livres d'ésotérisme, de psychologie, de finances. Et des tarots. J'aime cette librairie.

♥ En début d'année, je commence à faire connaissance avec le BDSM, tranquillement.

♥ 8 février : Pour la Saint-Valentin, les rhétos ont distribué les traditionnelles roses commandées à l'avance dans les classes. J'en ai offerte une à Mercutio, et Mercutio a été plus fort que moi en m'offrant une rose et...des pralines. Et sur l'étiquette de la rose, il était mis "Pour la plus belle fille aux cheveux roses". Mais j'ai perdu l'étiquette.

♥ 11 février : Je revois une amie que je n'avais plus vue depuis longtemps.

♥ 13 mars : Je participe à un concours de version latine, accompagnée de Mercutio, et j'entre officiellement dans le panthéon des intellos de merde qui n'ont que ça à faire de leur vie.

♥ 9 avril : J'ai les cheveux blonds. Si tu veux savoir, j'avais commencé l'année avec les cheveux rose flash et bleu canard. Tu peux pas test'. Oui, j'ai toujours les cheveux bleu canard. Et. Alors.

♥ 13 avril : La mère d'Adriàn m'apprend à tricoter. Mais j'ai oublié comment faire.

♥ 14 avril : J'ai retrouvé d'anciennes amies que je n'avais plus vues depuis des années et comment dire...ça fait du bien.

♥ J'ai découvert les livres d'Anaïs Nin et d'Oscar Wilde.

 9 mai: Mercutio et moi, sur un pur coup de tête, nous marions de façon consensuelle. Mais finalement on s'en fout parce que putain c'est pas drôle de se marier pendant que personne ne le sait.

 10 mai : Dans l'espoir de pouvoir finir ma secondaire à Saint-Luc (non), école technique d'art visuel (ne cherche pas ma logique), je me mets à dessiner tranquillement en espérant améliorer mon niveau en un mois. Parfois, je me tape des challenges, comme ça, cherchez pas.

♥ 22 mai : Prise d'une inspiration Dita von teesienne, je me teins les cheveux en noir.

♥ 25 mai : Mercutio et moi découvrons le sex shop Lady Paname, décoré avec goût, qui va laisser plein d'envies dépensières dans nos petits coeurs.

♥ Mercutio et moi passons notre exposé de latin. Cet exposé devait durer 50 minutes et la matière devait faire 10 pages Word police 11. Ce fut un succès et un moment de fol amusement où nous avons bien plaisanté entre nous (pendant l'exposé, oui).

♥ 3 juin : Après avoir regardé un film sur le sujet, je m'intéresse profondément au burlesque et je découvre Lada Redstar.

♥ 20 juin : Dans un accès de fantaisie et de suicide, je monte un mini-numéro burlesque pour Mercutio, fait d'un string customisé, de cache-tétons, de hauts talons, de bas déchirés d'un coup en voulant les enlever (il y a eu beaucoup de fails durant les répétitions de ce truc. Comme mon chat à moitié assommé par mon serre-taille que je lui balance dans la gueule dans un large mouvement svelte et hautement calculé. Pardon, Bess).

♥ 23 juin : Je vais pour la première fois à l'Archiduc pour voir Lada Redstar, Lolly Wish et Miss Anne Thropy performer. Pour la première fois, je parle à Lada et je tombe amoureuse. Quasi, en tout cas.

 25 juillet : Je vais à ma deuxième soirée à l'Archiduc pour voir Lada, Lolly et Anne Thropy, encore, et je finis troisième au concours du meilleur look. Et c'était bien drôle.

♥ Fin août, je passe des vacances plutôt spéciales en famille à la mer, avec Adriàn en bonus. Mais les enfants sont insupportables et j'ai envie de me suicider plusieurs fois par jour. Sinon, il y avait un sauna.

♥ Je commence la course à pied et je m'éclate comme une petite folle à essayer de battre mon record (jusque maintenant, 29 minutes sans m'arrêter).

♥ Début septembre, je commence la danse orientale.

♥ Fin septembre, je décape mes cheveux et signe en même temps leur arrêt de mort.

♥ 5 octobre: Je fais couper mes cheveux jusqu'à ce qu'il n'en reste qu'un demi centimètre et je les porte ainsi entièrement blonds.

♥ 2 novembre : Amaranth dessine mon portrait et ça me bouleverse au dedans de moi et je regrette de ne pas en avoir un peu plus parlé.

♥ 3 novembre : Je me lance désespérément dans le NaNoWriMo.

Je me teins les cheveux en bleu canard.

♥ 22 novembre : J'ai 18 ans, je reçois le plus beau collier de ma vie, je ne suis que joie-bonheur (et je pleure lors de ma fête d'anniversaire et c'était pas de joie mais bon, venant de moi, on ne s'étonne plus).

♥ 28 novembre : Je réussi le NaNoWriMo.

♥ En décembre, je commence à lire la Bible.

♥ 19 décembre: J'ai mon premier rendez-vous avec le kiné et celui-ci s'avère fort sympathique.

♥ 22 décembre : Je pars en week end à Paris avec ma mère.

♥ 23 décembre : J'ai une longue discussion avec ma mère à propos de la religion et je découvre que celle-ci est plus ouverte sur le sujet que ce que je pensais.

♥ 29 décembre : Je vais à ma troisième soirée à l'Archiduc pour voir Lada Redstar et Lolly Wish performer, je participe au concours d'élégance avec Mercutio mais nous ne gagnons pas. Et ce fut l'une des plus chouettes soirées de ma vie.

♥ 30 décembre : Je décide de me lancer dans le végétarisme.


*~Le Mauvais~*

♥ 23 mars : Mercutio part en voyage scolaire pour Cracovie (l'endroit où j'ai failli mourir il y a deux ans, je sais pas si vous voyez) et il me manque beaucoup beaucoup pendant 4 jours.

29 avril: J'ai droit à une mauvaise chute dans la rue (je m'en souviendrai toute ma vie) en allant à l'école qui me laisse une cicatrice à la main et au genou. Défigurée. Oui.

♥ 21 juin: Une voiture percute Violette, ma petite chatte adorable, qui...meurt, oui. Et franchement, je suis toujours pas remise.

♥ 14 juillet : Je pars à Londres pour un voyage linguistique de 15 jours, avec l'organisation EF. Comment dire...je tiens 5 jours.

♥ 18 juillet : Une fois rentrée en Belgique après une longue lutte (quand EF te choppe en voyage, EF ne te laisse pas rentrer chez toi. "Mais enfin, vous vous rendez pas compte de la chance que vous avez, plein de gens voudraient être à votre place, ce n'est pas juste pour eux, vous faites le mauvais choix !" Sérieusement, va dans un centre anti-avortement, t'as le même discours), j'ai une violente dispute avec mon père et je finis à 2h du matin en pleurs. Du coup, mon père a pitié et m'amène chez Mercutio chez qui je passerai plus d'une semaine pour me reposer et me calmer. Genre y avait pas de date de retour fixée, tu vois. On attendait que je me calme !

♥ En décembre, je suis prise d'un stress énorme à cause du départ imminent de Mercutio en France. J'apprends plus tard qu'il ne part pas.

2013 n'a donc pas été une année facile ou gaie pour moi, mais grâce à plusieurs événements de fin d'année, elle va surtout me servir de tremplin pour 2014. A cause de l'absence de mon père, je me suis mise aux fourneaux pour la première fois et j'ai découvert que faire les courses et choisir moi-même le menu me plaisait assez. Du coup, ayant décidé de devenir végétarienne, j'ai proposé à mon père de me laisser les fourneaux pour les repas à la maison, et j'espère que je pourrai être digne de cette responsabilité supplémentaire.
De plus, le NaNoWriMo m'a appris comment être productive et comment m'imposer une vraie discipline et je pense qu'ainsi, 2014 donnera lieu à un bon nombre de créations écrites.


Concernant les résolutions de 2013, ça va pas être joyeux...
♥ Arrêter d'ignorer Bess : Je ne sais vraiment si j'aurais réussi cette résolution. J'ai essayé de la caresser chaque fois que je la croisais, j'ai fait attention à ce qu'aucun fil ne dépasse de son collier (chaque fois, elle essaie de les bouffer), etc. Mais je pense que j'aurais pu faire plus.
♥ Lire plus : Certainement, cette résolution est réussie. En 2013, j'ai lu 54 livres contre 28 en 2012.
♥ Trouver un job étudiant : Rien n'a bougé de ce côté-là.
♥ Coudre tous les week ends : Non, franchement non. J'ai eu une période où je cousais beaucoup, une où je ne cousais plus du tout, mais je n'a eu aucune régularité.
♥ Ecrire dans mon journal tous les jours : Gros échec pour cette résolution qui revient dans ma liste de résolutions pour 2014.
♥ Faire ma cure de levure de bière sans accro : Sans commentaire.
 Recopier tous les soirs mes cours de la journée : Je l'ai fait sans relâche jusqu'à la fin de l'année scolaire, mais je n'ai pas continué cette année. C'était trop chronophage.
♥ Ecrire plus souvent pour le blog : En 2012, j'avais écrit 78 articles. En 2013, ils ne sont que 67. C'est dommage, mais avec ma nouvelle routine d'écriture, je me demande si je ne vais pas être plus productive en 2014.

Je suis assez déçue concernant ces résolutions, mais je me demande si cet échec n'est pas dû au manque de précision. Mes résolutions pour 2014 sont plus nombreuses (je suis incorrigible) mais beaucoup plus précises et peuvent être écrites sous forme de to do list à remplir tous les jours. Je verrai bien si j'arrive à garder la tête hors de l'eau ou non.

Concernant le blog, il y a donc eu 67 articles en tout, comme dit plus haut, pour 70661 vues. Les articles qui ont eu le plus de vues sont:
Miss America avec 2383 vues.
Tatouages de couple avec 919 vues.
Tes lectrices, ces idiotes avec 574 vues.
et mes articles préférés sont :
Petit guide de l'acceptation de son propre corps
Je m'appelle Anaïs, je vais avoir 18 ans et je vais changer le monde
J'ai participé au NaNoWriMo 2013

Je pense que mon dernier article de cette année s'achève ici, et je vous souhaite, bien entendu, une excellente nouvelle année. Que vos projets se concrétisent, que vous trouviez le courage de réaliser vos rêves et que cette année vous soit mémorable.

Demain est la première page vierge d'un livre de 365 pages. Ecrivez-en un bon. -Brad Paisley













vendredi 13 décembre 2013

"Once Upon a Time", un court-métrage incroyablement réaliste

Il y a plusieurs semaines (le 31 octobre plus précisément), j'ai entendu parler de la réalisatrice Anaïs Vachez. Cette jeune femme était connue sur Internet pour avoir réalisé une série de petits dessins animés mortellement creepy racontés sous forme de fables (et qui m'ont bien entendu empêché de dormir la lumière éteinte pendant plusieurs semaines (je ne dors toujours pas la lumière éteinte, en fait)). Seulement, à côté de tout cela, elle a aussi réalisé un court-métrage nommé "Once Upon a Time" racontant l'enfance d'une fillette au sein d'une société terne et morne.
L'héroïne doit donc, lors de son entrée à l'école, faire ses adieux à ses jouets et à ses dessins colorés. A partir de là, elle ne sera plus une enfant.
Seulement, tout enfant a besoin d'imaginaire et ainsi, la jeune personne essaye de continuer de dessiner quoi qu'il en coûte.


Outre la fin de l'histoire légèrement glauque (cela ne m'a pas traumatisée, cependant, malgré mon intolérance à tout ce qui a trait au morbide), ce conte laisse une jolie morale derrière lui.
Sans couleur, sans fantaisie, personne ne peut évoluer.
Nous voyons ici le destin d'une personne à l'âme créative étant forcée de vivre dans une monde monochrome, exempt de différences, ou chaque personne est forcée d'endosser le rôle de petit soldat que le gouvernement lui attribue. Pas de sentiments, pas d'imagination : le "monde des adultes" selon Anaïs Vachez, ne laisse pas de place à l'épanouissement personnel.

Je ne peux m'empêcher de penser que ce court-métrage n'est que le reflet de ce que notre monde pourrait devenir : un monde où seuls les enfants seraient autorisés à sortir du lot et à être créatifs (nous pouvons déjà remarquer maintenant qu'il y a des choses cataloguées "pour les enfants" et dont il est mal vu de s'approcher une fois l'adolescence installée), et où toute différence est bannie.
Grâce à mes cheveux, j'ai déjà pu constater que les gens n'aiment pas la couleur en général. Pas de couleur dans les cheveux, pas de couleur fantaisie sur les ongles, pas de pantalon d'une autre couleur exceptés le bleu, le noir voire le rouge, pas plus de trois couleurs différentes sur une seule tenue, etc. Dans la décoration d'intérieure, la fantaisie et la créativité sont appelées "mauvais goût" et on prône l'épuration et l'assorti.

Ce court-métrage montre une société incroyablement caricaturale, mais aussi incroyablement réaliste, et devrait servir de sonnette d'alarme à tous.

jeudi 12 décembre 2013

Je me fous de vos couleurs de peau

L'élection de Miss Orleanais lors du concours Miss France a à nouveau ramené le sujet sur le vaste tapis de mon cerveau.
Miss America avait eu droit aux mêmes réactions lors de son élection il y a deux ou trois mois : comme elle n'était pas blanche comme neige, elle n'était pas digne de représenter l'Amérique. Ce fut la même chose pour Miss France : la France étant vu comme un pays "de blancs", une métisse ne pouvait pas la représenter.
Outre la connerie de ces propos, ceux-ci ont automatiquement amené d'autres réactions de la part de la communauté noire et métisse. Réaction qui peut paraître logique en soi, mais qui l'est moins à mes yeux.
"Les Blanches ne sont que des jalouses, qu'elles aillent se faire des UV au lieu de parler !"
"De toute façon, les métisses sont les meilleures."
"Tu ferais mieux d'être métisse, tu serais plus regardable."
Je pense qu'on retourne au même stade que lors des "les hommes aiment les rondes. les os c'est pour les chiens" : pour défendre quelqu'un, on se sent obligé de rabaisser l'autre côté. Et ça commence franchement à me fatiguer.

Récemment, l'humoriste Aamer Rahman avait essayé de déconstruire l'idée d'un racisme anti-blanc lors de l'un de ses sketchs. Comme argument, il nous parlait de l'histoire de la colonisation, des méchants Blancs envahissant les gentils Noirs en les forçant à l'esclavage.
En un sens, pourquoi pas. En effet, durant l'Histoire, les noirs et les métisses s'en sont pris un peu beaucoup plus dans la gueule que les blancs et personne ne pourra le nier.
Seulement, est-ce que ça justifie cette haine supplémentaire ? Alors oui, la colonisation m'a permis d'avoir des privilèges dont je n'ai pas toujours conscience et de donner des malus aux noirs et aux métisses. Alors oui, nous sommes toujours témoins de ce qu'il est arrivé auparavant. Cependant, en prenant chaque personne de façon individuelle, aucune ne mérite d'être insultée. Ni un blanc, ni un noir, ni un métisse, ni un Asiatique. Personne.
Nous sommes des gens, nous avons tous une vie, une famille, des amis, une pensée, une personnalité, une façon d'être.
Tous, nous réduire à notre couleur de peau est la chose la plus idiote au monde.
Je ne peux pas accepter de complexer à cause de ma couleur de peau parce que j'entends partout que les petites blanches sont fades. Je ne peux pas accepter de voir que des gens pensent que Flora Coquerel, miss France actuelle, ne peut pas représenter la France. Je ne peux rien accepter de tout cela, et pour aucun motif.

J'en ai assez de cette guerre "blancs vs noirs", de plus en plus de prétendus non-racistes se complaisent dans le rabaissement des blancs pour le prouver et ne voient même pas les insultes envers les blancs comme du racisme ou de la discrimination. Parce que nos ancêtres ont fait quelque chose de mal, il est donc moral de nous rendre la monnaie de notre pièce et je trouve ça atroce.


J'aimerais ne plus voir pareille chose sur Internet ou ailleurs. J'aimerais qu'enfin, on arrête de ne voir que la couleur de peau chez toute personne. J'aimerais qu'on arrête de se baser sur la couleur de peau de quelqu'un pour se faire une idée sur sa vie, et j'aimerais qu'on arrête de faire des préjugés, et ce concernant toutes personnes.

Je pense que nous avons tous droit au respect.

(Et personnellement, la seule chose que je juge par la couleur de sa peau, ce sont les pommes.)

[A fait la Une Hellocoton le 13 décembre 2013]

mercredi 11 décembre 2013

Un tabou autour du sexe? Est-ce vraiment une bonne idée?

S'il y a un sujet fortement tabou dans notre monde, c'est bien le sexe. Dès que des pubs pour de la lingerie ou des films un peu sexy passent à la télévision, on hurle à la surmédiatisation du sexe, et nous cherchons à tout prix à nous en préserver.

On apprend à avoir honte de tout ce qui concerne le sexe. On a honte de se masturber, on a honte d'être vierge, on a honte de nos fantasmes, on a honte d'acheter un sex toy, on a honte d'y penser, on a honte lorsqu'on est découvert, on a honte d'entrer dans un sex shop, on a honte d'en parler, on a honte d'avoir des problèmes en rapport avec le sexe, on a honte de tout le concernant.
On nous met une pression monstre sur le sexe. Dès la première fois. Il ne faut pas être trop jeune ou trop vieille, il ne faut pas le faire trop vite, il ne faut pas être trop entreprenant, mais ne pas montrer non plus que nous sommes novice en la matière, il faut avoir des sous-vêtements présentables mais pas trop apprêtés non plus pour ne pas passer pour celui ou celle qui n'attendait que ça, il faut être soumis, il faut être dominant, il faut le faire à intervalle régulier sinon le couple ne tiendra pas, il faut parler à son partenaire pendant l'acte, il faut se taire, il faut gémir, il faut rester silencieux, il faut tester telles pratiques, mais pas celles-là, il faut à tout prix éviter la panne, il faut être détendu, parce que si tu es stressé, c'est que t'es frigide...

Bref. Il ne faut pas aimer le sexe et il ne faut surtout pas en parler.
Le problème, c'est qu'il y a plusieurs choses dans ce domaine au sujet desquelles il serait pourtant bon de discuter.
Je connais, par exemple, un grand nombre de personnes qui ignorent que le sida peut se transmettre par la fellation.
Pourquoi ? Parce que personne ne le leur a jamais dit.
Pourquoi ? Parce que la conversation ne les a jamais menés à savoir ça.
Pourquoi ? Parce que le sexe, c'est sale, honteux, et qu'il n'y a que les dépravés qui en parlent entre eux.
Vous voyez où je veux en venir ? Si l'on parlait plus librement de sexe, on en apprendrait plus vite sur le sujet et surtout, on serait beaucoup moins tendu sur le sujet. On saurait que les pets vaginaux sont tout ce qu'il y a de plus normal et arrivent à tout le monde (sauf aux hommes, car ils ont l'avantage de ne pas avoir de vagin, you lucky), on saurait que le BDSM ne s'arrête pas à des fouets et à des gens attachés au radiateur d'une cave, on saurait comment appliquer ce putain de préservatif de chiotte, on saurait que faire l'amour pendant les règles n'est pas sale, on saurait tellement de choses et enfin, on arrêterait d'avoir peur en se demandant s'il est normal ou non d'avoir un fantasme du viol.

J'ai appris récemment, en farfouillant dans les sites ayant mené à mon blog (j'adore faire ça), qu'une communauté de personnes voyait mon blog comme pornographique et à ne pas mettre entre les mains des plus jeunes.
S'il vous plait, quoi...
Je veux dire, à part deux-trois femmes à poil et quelques propos légèrement tendancieux, qu'est-ce que mon blog a qui pourrait être qualifié de choquant?
C'est une vraie question.
Le sexe, le corps, sont devenus des sujets si tabous et si rejetés qu'on a peur de voir le moindre corps nu. Car c'est ce qui a choqué ces personnes, non ? Les corps nus que l'on voyait sur mon blog.
Ce ne sont pas des corps en pleine partie de jambes en l'air, non, même pas, car là seulement, on aurait pu parler de pornographie. C'étaient juste des corps assis, couchés, debout, parfois vêtus de lingerie, et voir ces corps dans leur simplicité choque les gens.
On voit le diable partout. On le voit surtout quelque part où il ne devrait pas être.
Le sida, c'est le diable. Les chlamydiae, c'est le diable. la syphilis, c'est le diable.
Faire l'amour en couple ou juste pour un coup d'un soir, se faire plaisir, varier les techniques et accessoires, poser en lingerie, ce n'est pas le diable.
C'est bien. C'est même très bien.
Quand il est équilibré, le sexe peut être incroyablement bénéfique.
Personnellement, il a changé la vision que j'avais de mon propre corps. Je le trouve plus beau, plus sensuel. Je ne me sens plus pataude comme avant, je me sens plus adulte et plus femme. J'ai gagné en confiance en moi, mon estime pour moi-même a augmenté, et je me sens bien dans mon corps.

Je me pose réellement la question : pourquoi le sexe a-t-il eu cette si mauvaise réputation ? Qu'est-ce qui fait que les gens en ont toujours peur et veulent toujours le cacher ? Pourquoi vouloir à tout prix supprimer ces affiches dans la rue ? Que Primadonna continue de placarder ses publicités sur tous les panneaux, c'est tellement joli à voir!

Publicité PrimaDonna : terriblement directe
Oui, le sexe existe ! Des gens achète des sex toys ! Des gens font l'amour en amazone, en missionnaire, en levrette ou en 69 ! Des gens utilisent des boules de geisha, des Rabbit ou des Chapelets ! Des gens font l'amour de façon classique, avec une tendance BDSM ou sont adeptes de l'ondinisme !
C'est un fait, et on pourra tenter de se le cacher autant qu'on voudra, il y en aura toujours, et heureusement.

[A fait la Une Hellocoton le 12 décembre 2013]

mardi 10 décembre 2013

Ce que j'aime dans le burlesque.

Comme j'ai pu le mentionner plusieurs fois sur mon blog, j'aime assez le burlesque. Je me suis intéressée profondément au mouvement cet été, et Adriàn m'a poussée à glaner des informations sur le net, histoire d'en savoir plus sur le mouvement.
Et j'ai été happée dans cet univers coloré, glamour et décomplexé. Et ainsi, j'ai décidé de vous parler de ce que j'aime dans le burlesque.

L'esthétique
Je ne sais pas si vous avez remarqué, mais voir quelqu'un en petite robe noire et à maquillage nude dans un spectacle burlesque, ce n'est pas très courant. On laisse tomber la sobriété et on laisse place à l'univers du spectacle ! On ne lésine pas sur la paillette, sur le strass, sur le Swarowski, sur le maquillage, sur les couleurs chatoyantes, sur les plumes,  et voir tout ça réuni en un seul univers me rend joie.
Certains costumes sont de véritables oeuvres d'art, tout en détails et en jolies choses. D'autres sont plus classiques mais néanmoins magnifiques, glamours et spectaculaires.



La vision du corps
Il faut savoir une chose : dans le burlesque, il n'y a pas de limite corporelle. je veux dire par là que tu peux être maigre, mince, grosse, obèse, enceinte, tout ce que tu veux, il y aura toujours une place pour toi. Que tu ais la peau lisse d'un bébé, de la cellulite ou des bourrelets, personne n'en aura quoi que ce soit à faire : tu es là pour danser, pour faire rêver, pour te déshabiller, et le corps que tu as ne changera rien. Des danseuses continuent même de performer alors qu'elles ont dépassé les 60 balais, preuve que dans le burlesque, le corps ne connait aucune limite.
Pour continuer sur le sujet du corps, le burlesque prône la fierté d'être femme (ou d'être homme en ce qui concerne le boylesque), d'être féminine, d'avoir un corps qui nous plait et duquel nous sommes fières. C'est une sorte de célébration et cela fait énormément de bien de voir tant de femmes adorer leur corps et le chérir au point d'en faire une danse.



L'ambiance
Je n'ai été que deux fois dans un spectacle de burlesque et cela a suffit à me donner une excellente impression. Les gens sont heureux d'être là, plaisantent, ne boivent pas trop (un seul mec bourré au compteur, et il a finit par se faire mettre dehors), ne te jugent pas, et il est vraiment réconfortant de se trouver là-bas avec autant de gens aux looks soignés. La musique n'a même pas le mauvais goût d'être trop forte, le comité est généralement restreint et ces deux spectacles ont été pour moi des moments géniaux.



Les chorégraphies
Certaines danseuses optent pour quelque chose de classique et langoureux, d'autres allient une autre danse au burlesque (orientale, classique, salsa...), d'autres montrent carrément leurs talents en matière de trapèze, de crachement de feu, de hula-hoop, etc. Aucun numéro ne ressemble à un autre.



La gentillesse des danseuses
J'ai eu l'honneur d'échanger quelques mots avec Lada Redstar et Lolly Wish et c'étaient les femmes les plus adorables avec qui j'aie pu avoir l'occasion de parler. On ne se trouve plus dans un univers artistique qui place un fossé infranchissable entre artistes et spectateurs où le seul contact qu'on puisse un jour avoir soit un autographe signé ou une photo prise à la sauvette. Ici, on discute, on complimente, on rit, on parle de sujets qui deviennent récurrents (Lada a fini par remarquer que Mercutio n'était pas le moins timide des hommes et aime en plaisanter) et cela renforce l'impression d'une expérience incroyable.

lundi 9 décembre 2013

Pimp my bourgeois

video

Ceci. Chers amis. Est le projet pour le cours d'anglais que Mercutio et moi avons dû faire.
Le but était donc de présenter nos magasins préférés, en anglais, et de filmer ça sous forme de programme télévisé.
C'est du lourd, et comme c'est en anglais (sans déconner), je vous fait une petite traduction ci-dessous:

Oh, vous voilà! Venez et prenez place, mes chers bourgeois. Avez-vous déjà rêvé de venir à Bruxelles? Non, moi non plus. Mais un jour, si vous devez vous rendre dans cette ville, moi et mes invités chéris allons vous donner quelques astuces pour oublier votre malheureuse condition. Maintenant, suivez la voix de la félicité -la mienne- pour vous guider dans Bruxelles.

Maintenant, mes petits agneaux, nous allons rencontrer une danseuse burlesque qui répond au doux nom de Lady Jambonbeurre.
-Bonjour, vous tous. Je suis Lady Jambonbeurre, je suis performeuse burlesque et...
-Non, c'est MOI qui parle, ici. Tu as apporté des affaires avec toi. Qu'est-ce que c'est?
-Oh, ces jolies choses viennent de Dinky. C'est mon magasin préféré, vous savez.
-Et que peut-on acheter chez Dinky?
-Oh, tellement de choses merveilleuses! Vous pouvez acheter des robes. Regardez! Regardez...regardez cette robe! Avez-vous déjà vu quelque chose de plus joli? Non, bien sûr. Et vous pouvez acheter des jupons, comme cette jolie et mignonne chose rose. C'est fabuleux, je trouve. Et vous pouvez acheter des corsets comme celui-ci. Avez-vous déjà vu quelque chose d'aussi beau? Quelque chose d'aussi exquis? Non! Et vous pouvez acheter des choses plus sexy, comme ces accessoires, et d'autres trucs sexy comme des tenues d'infirmière. Et...il y a beaucoup de chaussures, vous savez, comme celles-ci. Il y a beaucoup de chaussures brillantes,  originales et à haut talon. J'en achète toujours pour mes performances.
-Le Dinky semble vraiment génial...
-Ouais...
-J'aimerais parler encore avec vous, mais je dois rencontrer un autre esclave commun.

Quelle jolie créature! Mais à présent, nous allons rencontrer Camille, le frère de Lady Jambonbeurre. Ils sont jumeaux, ce qui fait qu'ils se ressemblent beaucoup, et vous allez sans doute croire que c'est la même personne MAIS VOUS VOUS TROMPEZ! Ce n'est certainement pas un costume...

Bonjour Camille. Nous avons été au magasin Lush avec toi. C'était un magasin vraiment spécial et...odorant. Mais peux-tu nous en dire plus?
-Oui, Lush est mon magasin préféré, vous savez. Je l'aime vraiment, j'y vais souvent avec ma soeur jumelle et c'est toujours un bon moment pour nous. Ma soeur aime Snow Fairy, ça ressemble à cette bouteille, mais c'est rose, mignon et brillant. Elle l'aime vraiment beaucoup. Personnellement, je suis amoureux de Sex Bomb. C'est comme une boule, tu mets ça dans ton bain et l'eau devient rose et mauve. J'aime vraiment beaucoup, vous savez.
-Oh, c'est vraiment intéressant, j'aimerais parler plus avec vous mais une fausse cheminée et un chat dépressif m'attendent.

Ici vient la fin de notre fabuleusement merveilleux programme. C'était empli de passion, de glamour et de félicité, comme je vous l'avais promis. Je suis sûr que vous avez adoré, et si ce n'est pas le cas, c'est certainement parce que vous êtes un robot, mais vous l'ignorez. A la prochaine!

Voilà. Avouez que je suis merveilleusement convaincante en homme comme en sexy lady à la crinière de lavande.


Anaïs Nin et moi

Je ne sais plus exactement du jour où j'ai entendu parler d'Anaïs Nin pour la première fois. Il me semble que c'était grâce à un forum. On nous demandait de citer des personnalités qui avaient le même prénom que nous, j'ai donc fait une rapide recherche et je suis tombée sur elle. J'ai été voir sur sa fiche Wikipedia et j'ai pu voir qu'elle avait été la première femme à écrire de la littérature érotique. A partir de là, sa personnalité m'a plu.
Puis je n'y ai plus pensé.
Seulement, les événements ont fait qu'il y a un an, l'illustratrice Diglee m'a rappelée à elle. En effet, Diglee parle régulièrement de l'écrivaine sur son blog (que ce soit du livre Venus Erotica qu'elle a fait tomber dans sa baignoire ou de la Correspondance Passionnée qu'elle lisait dans son lit). J'ai fini par trouver une partie de son journal (1931-1934) que mon Papy avait dans sa bibliothèque.

Ce livre, je l'ai bouffé. J'ai lu la première ligne et à partir de là, j'ai su que j'allais adorer.
Non seulement cette femme avait le même prénom que moi, mais elle avait aussi la même façon de penser, la même philosophie. Je me souviens de phrases qui m'avaient marquée par leur concordance avec mes propres pensées. En la lisant, j'avais l'impression de lire le journal intime que j'aurais pu écrire. Nous n'avons pas la même vie, et pourtant, nous avons la même façon de voir le monde et ça me trouble beaucoup.
Récemment, j'ai trouvé par hasard une interview d'elle remontant à 1974 (trois ans avant sa mort). J'ai été vraiment surprise en l'écoutant. C'était la première fois que je pouvais la voir parler, sourire, bouger, rire. Je pouvais entendre sa voix pour la première fois et j'ai pu constater à quel point celle-ci était douce...et j'ai à nouveau ressenti ce que je ressentais en lisant son journal: je me reconnaissais incroyablement dans tout ce qu'elle disait et dans sa façon de voir la vie et le monde.


Je me suis souvenue de tout ce que j'avais ressenti en lisant son journal, cette sensation de toujours se dire "oh oui, je connais ça!" ou "je vis chaque fois la même chose!" et cela m'a fait beaucoup de bien. Cela me fait du bien de voir que quelqu'un peut mettre des mots sur ce que je ressens.

Ce matin, j'ai passé une grosse commande de livres sur Internet. Tous les livres étaient d'elle, et parmi ces livres, trois ou quatre faisaient partie de ses journaux intimes.
A nouveau, je ressens cette envie de tout savoir d'elle et d'en apprendre un peu plus sur elle et par la même occasion, sur moi.

"Les symptômes de l'hibernation se reconnaissent aisément: tout d'abord l'agitation. Le deuxième symptôme (lorsque l'hibernation devient dangereuse et pourrait aboutir à la mort): absence de plaisir. C'est tout. Elle apparaît comme une maladie inoffensive. Monotonie. Ennui. Mort. Des millions vivent ainsi (ou meurent ainsi) à leur insu. Ils travaillent dans des bureaux. Ils conduisent une voiture. Ils pique-niquent en famille. Ils élèvent des enfants. Il se produit alors un traitement de choc, une personne, un livre, une chanson, et cela les éveille et les sauve de la mort. Certains ne s'éveillent jamais. Ils sont comme ces gens qui s'endorment dans la neige et ne se réveillent jamais."

"Il me plaint; il dit: "Vous avez beaucoup souffert." Mais je ne voulais pas de pitié: je voulais qu'il m'admire, qu'il me trouve une femme unique."

"Oui, parfois j'ai l'impression que les relations humaines sont un effort trop grand."

"J'ai une passion pour les gens qui créent quelque chose. j'ai toujours eu un faible pour les gens qui étaient occupés à transformer le monde ou à donner quelque chose au monde...à créer, ce que nous appelons créer."

"Lorsque je n'écrivais pas, je lisais mon journal. je regrette beaucoup aujourd'hui parce que je n'avais pas pu écrire. Il fallait que je mette quelque chose. Mais c'était une obsession, ça passait."

"Tenir un journal est quelque chose que je recommande à tout le monde parce qu'on voit sa vie, un voit un peu...c'est comme le journal d'un bateau, on voit sa direction, on voit si votre vie devient étroite, vous faites un chemin intérieur, en même temps, alors que si vous n'écrivez pas, vous ne savez pas très bien exactement ce que vous sentez, ce que vous voyez, et aussi je conserve les moments de la vie que j'ai aimés, pour les revivre."


dimanche 8 décembre 2013

[Rediffusion] Vis comme un artiste

A l'approche de la nouvelle année, je fais subir un ravalement de façade à mon blog. Je supprime les articles ratés où qui ne me correspondent plus, j'en réécris d'autres, je vais faire la liste de tout ce que j'ai écrit en 2013 (et du nombre de mots que cela représente) (séquelles du NaNoWriMo : ton unité de mesure est le mot), je vais nettoyer mon plan de travail, faire la liste des projets que je veux réaliser en 2014, etc.
Et ainsi, en relisant les articles de mon blog, je suis tombé sur celui-ci. Et je l'ai trouvé parfait, bien formulé, bien foutu. Et ainsi, j'ai eu envie de vous le repartager.
Bonne lecture.




Depuis quelques temps, j'ai commencé à changer ma méthode, à voir la vie un peu autrement.
J'étais loin d'être malheureuse, avant ça. Il y a déjà quelques mois, j'arrivais à adopter une attitude un peu plus positive, à cultiver la personne que j'aurais voulu être, et j'aimais beaucoup ça. J'en étais même venue à ne plus vouloir absolument un homme (ou une femme) dans ma mince vie pour être heureuse. Mais siii, tu sais, cette espèce de check-list "quand j'aurai un copain, je serai heureuse", "quand j'aurai ma propre maison, je serai heureuse", etc.
Mais parfois, va savoir pourquoi, une petite contrariété (ou une grosse) me mettait dans tous mes états, et la déprime revenait pour quelques heures. Parfois un peu plus.
Et c'est là que j'ai commencé à voir les choses autrement.




Vous voyez, quand on pense à un artiste, on pense à quelqu'un qui dessine, écrit, peint, sculpte, ou exécute toute forme d'art.
Mais...si on ne sait faire aucune de ces choses? Le qualificatif d'artiste nous est alors de suite retiré?
Je n'étais pas d'accord. Alors j'ai réfléchit.
Le terme d'artiste ne s'attribuerait-il pas plutôt à une personne sachant apprécier la beauté de chaque chose, un poète dans sa tête, un esthète?
Quelqu'un qui verrait une certaine poésie dans le monde, qui observerait, écouterait, penserait, et ne se contenterait pas de marcher tête baissée en râlant sur tout ce qui bouge.
Quelqu'un d'optimiste ou non, de joyeux ou non, qui formulerait les plus belles pensées dans sa tête sans forcément parvenir à les extérioriser.
C'est en songeant à ça que j'ai commencé à regarder autour de moi.
A remarquer le moindre rayon de soleil, le vert des feuilles d'arbre lorsqu'elles se balançaient à la fenêtre de la classe, m'offrant un mur de verdure annonciateur des beaux jours.
Hier, j'ai été me promener, vers 21:20. Le ciel était couleur pêche, et à mesure que je marchais, prenait une teinte rouge vif qui m'a émerveillée. J'ai dû m'arrêter de marcher, il m'était inconcevable de continuer ma course alors que quelque chose d'aussi beau s'offrait à moi.
Ça faisait des années que le ciel prenait cette teinte chaque soir d'été. Et jamais je ne l'avais remarqué. Jamais je n'avais pris la peine de m'arrêter pour contempler.
Jamais, lors des trajets en voiture, je n'écoutais ma mère lorsqu'elle me disait d'admirer le paysage.
Mais le monde est beau, en fait.
Le ciel en soirée est le plus beau du monde, les feuilles d'arbre ne sont que des morceaux de jade, les nuages restent des mégalodons de coton (des leoplurodon de coton. A magic leoplurodon!).
Il faut voir de la poésie en tout. Dans la douceur de l'air, dans la chaleur du soleil, dans le bruit de la pluie (Voilà, comme ça, qu'il vente, qu'il pleuve où que vous soyez dans le cagnard, vous serez content), dans le regard des passants, partout.
Et je vous écris ça, alors que si ça se trouve, vous allez me prendre pour une tarée optimiste.
En attendant, c'est moi l'ado, c'est moi qui suis censée faire mes crises existentielles hormonales, et c'est moi qui vais bien.
Prenez le temps de vivre, de vous arrêter, de regarder autour de vous et de savourer chaque petit instant. Concentrez vous sur chaque bouchée que vous avalez, sur chaque musique que vous écoutez, sur chaque sentiment qui vous traverse.
Vivre, en soi-même, est quelque chose d'énorme. A chaque seconde. Remarquez-le.



Cela fait seize ans que j'habites dans ce quartier, et jamais, au grand jamais, je n'avais fait attention à ce qui se dressait autour de moi. J'étais on ne peut plus indifférente, je ne remarquais rien, et maintenant, je me rends compte à quel point ma vision de ce qui m'entourait était bien pauvre.
A présent, j'observe beaucoup plus, j'ouvre les yeux, je m'arrête, je contemple, et quand mon moral baisse, il me suffit de faire attention au moindre détail m'entourant pour y déceler de la beauté et voir mes pensées sombres se volatiliser en quelques secondes.

vendredi 6 décembre 2013

Un peu de gratitude sur ce blog, nom d'une pipe en bois!

Récemment a eu lieu Thanksgiving. Outre le fait que la raison de l'existence de cette fête soit hautement crapuleuse, le principe de ce jour est tout de même de se montrer reconnaissant.
Reconnaissant de quoi?
Eh bien...de tout ce que vous voulez.
Je ne fais jamais ces petites choses du soir du type "écrire 4 bonnes choses que vous avez vécue aujourd'hui", tout simplement parce que je suis trop paresseuse pour y penser.
Et c'est bien dommage, cela m'aiderait sans doute à relativiser au sujet de ma vie toute entière (comme vous me voyez, je suis sous antidépresseurs) (j'ai atteint un palier sur le seuil du je-suis-pas-bien) et ainsi, je me suis dit qu'il serait sans doute une bonne chose de frapper un grand coup en faisant la liste de toutes les grandes choses pour lesquelles je suis reconnaissante. Commençons donc dans la joie, la bonne humeur et les chants de Noël.

 Mercutio
Mon copain est le meilleur. Il est mignon, il ne prend pas trop de place, il est drôle, attentionné, atrocement gentil même que parfois ça en devient désagréable, il a des cheveux longs et fluffy, il est jaloux de Remucer (de toute façon, tout le monde est jaloux de Remucer), il accepte de me faire l'amour pendant mes règles (NON NÉGLIGEABLE), il me fait des nems, il fait des cunnis (NON NÉGLIGEABLE), il écrit, il dessine, il peint mais il y pense jamais, il discute de faits philosophiques, il a des pensées parfois perchées mais toujours aussi chouettes et parfois même poétiques, il s'appelle Adriàn (cet homme est fait de petits bonus dans le simple fait de sa personne), il cache une montagne de muscles sous son T-shirt et pendant trois ans sans sortir avec je ne m'étais jamais doutée de tout cela (petit cachottier) et bref.
Mercutio = Dieu

 Les murs de ma chambre
Ils sont dorés. Ça se passe de commentaire.

 Ma créativité
J'avais fait un article sur mon questionnement à propos de ma créativité, que je trouvais légèrement bancale, voire totalement absente, et je peux maintenant le dire: je suis créative. Un peu trop, même. So many ideas, so little time.
Je pense à créer un peu...tout le temps. Que ce soit par l'écriture ou des trucs moins sophistiqués et stylés comme...le zentangle. Un jour, je vous parlerai du zentangle.
J'aime cette facette de moi, cette faculté à créer l'infini à partir de rien, cette possibilité de tout envisager rien qu'avec ce que j'ai dans la tête, cette facilité à créer des mondes nouveaux, des univers utopiques, des personnages représentant toutes les facettes de mon âme, toutes les facettes de celle que je voudrais être, de celle que je ne serai jamais, de celle que je ne veux surtout pas être. Je peux tout créer rien qu'avec un peu de temps et un stylo qui fonctionne.

 Mon audace
Quel mot...
Je suis heureuse d'avoir pu m'épanouir physiquement et mentalement parlant. Ma vie est loin d'être rose (antidépresseurs, remember), mais j'ai pu me détacher de l'adolescente que j'étais avant, coincée dans un rôle qui ne lui convenait pas, persuadée que le meilleur moyen d'être heureuse était d'être comme les autres, persuadées qu'il ne fallait surtout pas sortir de la masse sous peine de se faire lyncher à la récré.
Traumatisme, quand tu nous tiens.
Je suis heureuse d'avoir eu le courage de demander à ma mère d'être gothique, d'avoir acheté toutes ces fringues, d'avoir changé ma couleur de cheveux, ma façon de me maquiller, d'avoir tout testé, que ce soit réussi ou non. Je suis heureuse d'avoir teint mes cheveux en rose, en bleu, en vert, de ne plus avoir demandé l'avis de qui que ce soit avant de le faire.

♥ Mon blog
Il est sympa, il y fait bon vivre, j'ai des gens qui me lisent et me soutiennent (enfin...ça c'est quand personne ne prend la décision de venir pour poster un commentaire bien assassin sur ma façon d'être) (pas du tout vécu, non) (un jour je ferai un article sur tous les commentaires gratuitement méchants que j'ai reçus, on va rire). J'aime y écrire, faire une liste d'idées d'articles, me dire que bordel de merde, je vais être super productive, recevoir des commentaires, répondre aux commentaires, etc. C'est vraiment un espace à moi que j'aime bien, et j'aimerais essayer d'en faire un truc qui me ressemble plus, avec des articles plus perso, en faire un petit espace cosy.


 Ma futile bataille
Cette futile bataille a atteint 50 articles en deux ans. Ce n'est finalement pas grand chose en un laps de temps si long, mais c'est quelque chose que j'ai fait et dont je suis fière. C'est quelque chose qui me définit, que les lecteurs connaissent. Quand on pense "Decay", on pense "Futile bataille" et ça me va. Parfois, je suis fatiguée et j'ai envie d'arrêter cette histoire, mais après je pense à ceux que j'ai aidés et à ceux qui croient en moi, et je continue.

dimanche 1 décembre 2013

Tag mariage : Toi et ton homme / ta femme / que sais-je

Ce matin, en me réveillant, j'ai eu une idée de tag tout con, et je me disais qu'il serait peut-être une bonne idée de me lancer et de vous dire de quoi il s'agit.
Comme je l'ai dit dans un précédent article, le mariage, ça me fait tripper. Depuis que je suis petite, je m'amuse à l'imaginer, et j'adore connaître la vision des autres de leur mariage futur.

Le but de ce tag sera donc de décrire le mariage de tes rêves, sans que ta moitié ne le voit, puis de lui demander sa vision à lui/elle du mariage qu'il/elle aimerait avoir.
Ces descriptions seront séparées en plusieurs thèmes (robe, déco, etc) que je vous présenterai ci-dessous, en faisant moi-même le tag pour montrer un peu de quoi il en tourne.

C'est partiiii !

Thème 1 : la cérémonie

Ma version : Étant croyante, j'aurais adoré me marier à l'église, dans la maison de Dieu, mais étant donné que je ne suis pas catholique, je peux d'ores et déjà abandonné l'idée.
J'avais donc l'idée de faire une cérémonie laïque (ouin), un peu comme dans les films, avec une arche, de l'herbe, de l'air frais, du soleil, des oiseaux qui chantent et une allée bordée de fleur.
Si si, tu sais.
Non, je n'aime pas l'idée de me marier à la mairie. Je trouve ce genre de trucs vite expédié.
J'aimerais aussi que quelqu'un m'amène sous l'arche, mais gros soucis : je ne sais pas qui.
Papy, vis assez longtemps pour le faire, merci beaucoup, bisous.
J'aimerais aussi de la musique, mais pour cela, je n'ai jamais eu d'idée sur ce que j'aimerais entendre, étant donné que j'ai des goûts de chiotte et que j'aurais peur d'embêter l'assemblée.
Ou alors je m'en fous et ils endureront.

Version de Mercutio : Un truc qui serait soft et solennel. Surtout solennel, je trouve qu'un mariage ce doit rester tout de même une cérémonie. Un endroit, je ne sais pas, parce que si ça se fait dans une église, il faudrait qu'elle soit bien éclairée, qu'elle n'ait pas trop l'air des églises sombres que j'aime pas. Sinon, ça pourrait se passer en extérieur, ce qui serait même plus sympa, mais la robe de mariée ne collerait pas avec l'environnement. Pour la musique, je n'en ai aucune idée, je ne sais pas ce qu'il se met dans les mariages, je préfère ne pas me prononcer.

Thème 2 : La robe
Ma version : LE truc auquel j'ai toujours réfléchi en priorité et dont l'apparence a toujours évolué selon mon âge et mes goûts du moment. Avant, je l'aurais aimé colorée, mais ces temps-ci, j'opterais plus pour du blanc. Mais par contre, je la voudrais vraiment spéciale, voire excentrique, avec beaucoup de pailletes (voire des rhinestones ou des Swarowski). Je réfléchis même à un joli petit voile avec des fleurs sur les bords. Et j'aimerais des petites roses colorées dans mes cheveux.
Oui, quand je me marierai, j'aurai les cheveux longs.
...
Ou une perruque.
Et j'aurai une traîîîîne !

Version de Mercutio : Blanche, avec des subtilités partout, de la dentelle, etc, pas trop longue, avec un voile.

Thème 3 : Les invités
Ma version : Comme je suis une connasse, ma soeur peut se garder de venir (pas trop envie de passer ma soirée à écouter ses critiques comme quoi mon mariage n'est pas assez à son image), mais sinon, je suis ouverte à toute ma famille, les amis, et je serais pas contre de vous inviter aussi n_n

Version de Mercutio : Des gens cools. Des amis, des gens qui tiennent l'alcool (au cas où), la mariée, éventuellement, de la famille.

Thème 4 : le repas (commentaire de Mercutio pour la forme : "tes seins grossissent") (je suis à poil pendant que j'écris, oui).
Ma version : Je voudrais des nems. Il me plairait bien qu'il y ait un buffet, aussi, et que chaque table y aille individuellement pour empêcher que ce soit le foutoir. Et j'hyperventile déjà en imaginant le plan de table, aussi.
Pour le gâteau, je veux une pièce montée de la mort qui tue avec des paillettes comestibles. Voilà.
Et je veux du végétarien partout, aussi.

Pas négociable
Version de Mercutio : COUSCOUS ! DES GÂTEAUX AU COUSCOUS ! DES DESSERTS AU COUSCOUS ! DES AMUSE-GUEULES AVEC DU COUSCOUS DEDANS !
Un gâteau qui a la classe et un repas qui fait bon le manger.

Thème 5 : la décoration
Ma version : PAS DE BOUGIE! Sinon, je veux des paillettes et des fausses plumes d'autruche partout. Je veux des paillettes sur les tables, des paillettes sur les murs, des paillettes sur le sol. Partout, partout. Et de la couleur, ouiiiii!

Version de Mercutio : Je ne sais pas du tout. Non, je ne sais pas.

Thème 6 : Le bal
Ma version : J'aimerais bien ouvrir le bal, mais en même temps cette perspective me fait atrocement peur.  Mais en même temps j'aimerais bien. Mais en même temps ça me fait peur.
Comme musique, j'aimerais des trucs qui permettent de danser en couple (amoureux ou amis), et pas de musique de boîte parce que bon, oh, voilà.

Version de Mercutio : Par pitié, pas un connard de Disc Jockey, et pas de musique de bourrin, et pas de musique de fête, bordel, c'est un mariage. Et le premier qui essaie de me faire danser le gangnam style, je l'étouffe avec la traîne de la mariée.


~~


Donc voilà, j'espère que le principe n'est pas trop compliqué. Il y a six thèmes (cérémonie, robe, invités, repas, bal, décoration), tu y réponds, ta moitié y répond sans connaître ta version de la chose, et ainsi vous pourrez voir à quel points vos goûts sont parfaitement semblables (ou pas).
Et si tu n'aimes pas le mariage, fais le quand même, c'est droule :D

Pour lancer ce petit tag nouveau-né, je tague strictement toute personne me lisant ici et étant en couple (Amaranth et Remucer, par exemple, vous êtes cramés direct).

Merciiiii

samedi 30 novembre 2013

J'ai participé au NaNoWriMo 2013

Ainsi, le NaNoWriMo se termine aujourd'hui.
Pour rappel, cet événement d'écriture annuel consistait à écrire un roman de 50000 mots en un mois, du 1er novembre à minuit jusqu'au 30 novembre à 23h59.
J'étais partie avec trois jours de retard, sans grand espoir de réussite, malgré cette petite once d'espérance qui me prenait à la gorge dès que je m'asseyais pour écrire.
Et vous savez quoi ?
J'ai réussi.

96 pages Word NaNo + 12 pages ante-NaNo

J'ai atteint le nombre fatidique de 50000 mots le 28 novembre, après avoir écrit 3700 mots en une soirée pour pouvoir enfin me dire que j'avais réussi. Et j'étais fière.
Ce NaNo m'a beaucoup apporté.
Il m'a appris que finalement, ce qui me convenait en matière d'écriture n'était certainement pas de taper un peu, puis corriger. Puis relire. Puis taper trois phrases. Puis corriger. Puis relire. Puis corriger.
Parce qu'après 3 ans, je n'avais que 52 pages.
Ici, j'ai appris à procéder d'une façon productive, étape par étape. J'ai fait mon plan à l'avance, je l'ai suivi, et j'ai pu ainsi suivre ma progression au jour le jour, et voir ainsi où j'en étais.
J'ai 108 pages Word et je ne suis qu'à la moitié du chemin. Je ne m'attendais pas à avoir autant de matière. Et j'adore mon roman. J'adore les personnages, leur caractère, je n'ai même pas envie de finir.
Je vais donc continuer l'aventure de mon côté, tracer encore jusqu'à ce que toutes les scènes soient écrites, puis je corrigerai tout avec attention. Je corrigerai jusqu'à ce que ce soit parfait. Parce que j'aime trop ce roman pour qu'il ne soit pas publié.
Alors il le sera.


Pendant l'aventure, j'ai aussi consigné dans mon journal, presque chaque jour, ce que je ressentais en écrivant, en voyant le chemin parcouru, en me redonnant du courage chaque soir et en écrivant même lorsque j'ai été malade (et malade, je l'ai été beaucoup), triste ou fatiguée.
Je vous présente donc aujourd'hui mon parcours:

 Jour 3 (bah oui, retardataire) : "Le NaNoWriMo a commencé il y a trois jours. Je suis inscrite, mais j'avais changé d'avis il y a des mois. Seulement, je viens d'apprendre que non, ça ne fonctionne pas comme 750words. Si je ne fais pas 1666 mots par jour, je ne suis pas disqualifiée. Alors je fais ? Je ne fais pas ? 
Je pense que je peux toujours essayer. Seulement, j'ai peur d'être déçue si je n'y arrive pas. C'est vrai, je n'arrive déjà pas à faire mes 750 mots par jour ! Enfin soit, je verrai ce soir quelle sera ma décision.
Il faudra véritablement que je m'instaure une vraie discipline ; je devrai sans doute laisser tomber la lecture et la couture, ainsi que le sport. J'essaie ? Je n'essaie pas ?
PUTAIN JE NE VAIS TOUT DE MÊME PAS RESTER IMMOBILE TOUTE MA VIE PARCE QUE J'AI PEUR D'ESSAYER !
Je vais tout de suite confirmer ma participation.
...
Voilà qui est fait !
"0 words so far."
Ta gueule."

 Jour 4 : "J'ai fait un calcul hier soir : si j'écris 2000 mots par jour (au lieu des 1666 fixés), je devrais atteindre les 50000 mots au bout de 25 jours. J'ai donc droit à deux jours de pause (emploi du temps trop chargé, lourdes interros, ...).
Hier, j'en ai écrit 2019. Ça m'a pris 3h30, mais ainsi je suis dans les temps. Mais avec mon emploi du temps d'aujourd'hui, avec le cours de danse et l'interro de physique à étudier, pas sûr que ce soit aussi facile. Là, je vais aller à l'école en première heure pour profiter de la fourche : Après avoir étudié la chimie, j'écrirai le plus possible pour m'avancer. J'espère que je ne serai pas distraite par les autres...
***
J'ai écrit plus de 1000 mots à l'école, et j'ai fini par atteindre 2002 mots en fin de soirée." 

 Jour 6 : "Hier et aujourd'hui, j'ai écrit 2002 et 2003 mots. Je suis toujours dans le bon rythme et je constate que j'atteins le nombre adéquat de mots de plus en plus facilement. J'avais lu quelque part qu'écrire est comme faire travailler un muscle, et je me demande si écrire un si grand nombre de mots par jour ne va pas faire croître considérablement ma facilité à écrire. Mon roman est à sa 38ème page Word, ça avance très bien. J'avais fait un plan ce midi pour savoir ce que j'allais écrire aujourd'hui et ne pas bloquer, mais finalement je n'ai même pas eu besoin d'en faire la moitié. Chacune de mes scènes s'avère être très longue !"

 Jour 7 : "A nouveau, aujourd'hui, atteindre mes 2000 mots a été facile. J'ai participé à un Sprint Writing sur Twitter et j'ai écrit plus de 800 mots en 20 minutes ! J'ai trouvé ça énorme ! 
Parfois, j'ai l'impression que ça part un peu en couille, mais j'essaie de ne pas trop m'inquiéter. je ferai toutes les modifications nécessaires en décembre [ndDecay: NON tu attendras d'avoir tout FINI ! Petite crevette grise de mes deux !] J'ai dépassé les 10000 mots, je suis plutôt fière ! 1/5 du travail a donc été fait. Je m'approche du but et je suis fermement décidée à l'atteindre !"

 Jour 10 : "Aujourd'hui, j'ai enfin rattrapé mon retard pour le NaNo. J'ai écrit 2500 mots hier, et comme chaque jour j'écrivais au moins 300 mots de plus, je suis dans la moyenne à avoir. Mon histoire avance vraiment et je me sens invincible ! Je progresse tellement bien ! Cela me fait tellement de bien de faire tout ça à ce rythme après avoir passé des années à chipoter à mon clavier de temps en temps sans rien terminer. Peut-être tous ces blogueurs avaient-ils raison : peut-être est-il vraiment plus gratifiant de se concentrer sur un seul travail au lieu de s'éparpiller."

 Jour 13 : "Avant hier, je n'avais écrit que 1700 mots par manque de temps (je suis rentrée tard de chez Adriàn et je me suis teint les cheveux en vert), mais hier je suis montée jusqu'à 2170 mots malgré le manque d'inspiration apparent et j'ai ainsi dépassé la barre des 20000 ! En 9 jours seulement !
Je me demande sincèrement avec combien de jours d'avance je peux finir le NaNo, et si, finalement, je vais vraiment réussir ce challenge. J'y pense tout le temps, à présent, et lorsque je n'écris pas, je lis des articles sur l'écriture. Un bon gros lifestyle des familles, quoi."

 Jour 15 : "Je me suis tapée une bonne sinusite hier, je n'ai assisté qu'à deux heures de cours et j'ai fini dans mon lit, mon écharpe autour du cou, un chocolat chaud dans la main gauche et le bouquin que Martine m'a offert à mon anniversaire (oui, mon anniversaire est dans une semaine je te laisse faire le calcul) dans la main droite. Du  coup, avec mon cerveau en compote, je n'ai écrit que 1300 mots et ça m'énerve."

 Jour 22 : "Hin hin hin, comment j'ai trop oublié d'écrire...
Le NaNo se passe toujours bien, j'ai quelques centaines de mots d'avance, je suis sur-motivée, y a de la joie."

 Jour 29 : "J'ai fini le NaNo hier. J'ai écrit 3700 mots en une soirée, j'étais toute crevée après. Mais je me sens tellement fière !"

Non, en effet, je n'écris pas dans mon journal comme je parle sur mon blog.
En réécrivant ces lignes, c'est la première fois que je relis mes impression, et je remarque le contraste envers les premiers jours et le reste : le dimanche 3 novembre, j'ai tellement douté ! Et quelques jours plus tard, j'étais terriblement décidée à écrire ces putain de 50000 mots. Ça m'a fait du bien de me "voir" comme ça.

J'ai aussi pu voir,petit à petit, que ma rapidité d'écriture grandissait au fil des jours. J'ai, à un moment, créé une page avec mes records du nombre de mots en un laps de temps (je compte d'ailleurs continuer de le mettre à jour). Pour la peine, en guise de coucou-tu-veux-voir-ma-bite, je vous présente mes petits records.

 5 minutes : 229 mots.
 10 minutes : 403 mots.
 15 minutes : 508 mots.
 20 minutes : 853 mots.
 30 minutes : 1004 mots

J'ai appris un grand nombre de choses grâce à cette expérience. Certaines sont plus précises que d'autres (des petites astuces comme "si le coeur de ton personnage rate un battement plus de trois fois par livre, emmène le chez un cardiologue") comme des choses plus vastes. Je consigne donc ici tout ce que j'ai tiré de cette expérience.

 Conseil 1 : Il faut se préparer à l'avance. Quand le Nano a commencé, j'ai écrit toutes les scènes que j'avais en tête pour mon histoire, je les ai séparées en quatre parties (en fonction du moment où je voulais les avoir -début, milieu, fin-) puis j'ai tout mis dans l'ordre. Je me suis donc retrouvée avec les grandes lignes de ce que j'allais devoir faire, et il me restait plus qu'à écrire petit à petit deux ou trois scènes qui relieraient deux scènes clé. Ça m'a énormément aidée car je ne pense pas que j'aurais pu aller bien loin sans ça. Ma soeur avait tenté le NaNo et a abandonné après 6000 mots, justement parce qu'elle ne savait pas où elle allait. En ayant mon plan, je pouvais me dire chaque jour "Ok. J'ai 2000 mots à écrire. Je viens d'écrire cette scène clé-là, et je dois aller jusque celle-ci. Qu'est-ce que je mets entre les deux ? Ça, ça et ça." et j'avais ce que j'allais écrire.

 Conseil 2 : Dès que je disais à quelqu'un ce que je comptais faire durant le mois de novembre, on m'a posé une question. La même. A chaque fois.
"Et l'inspiration, ça va ?"
Au début, je répondais simplement que oui, ça allait, puis je me suis rendue compte que c'était absurde. Si j'avais dû attendre l'inspiration à chaque fois, je n'aurais JAMAIS atteint ces 50000 mots. Je n'aurais jamais pu rester assise devant mon ordinateur durant une à trois heures par jours. Je n'aurais jamais pu avoir le temps si j'avais juste attendu les idées.
Les idées, j'ai dû aller les chercher moi-même. J'ai dû m'asseoir à mon bureau (avec des auréoles de thé et des feuilles de thé partout), ne rien faire et juste me creuser la cervelle comme une forcenée pour trouver quoi écrire. L'inspiration, c'est bien pour l'écriture occasionnelle, pour les courts textes. Mais pour un roman, pour instaurer une routine, ce n'est pas assez. Parfois, l'inspiration, il faut la laisser sur le quai.
Ce n'est pas la lassitude qui fait abandonner les gens ; c'est le manque d'assiduité.

 Conseil 3 : Il ne faut jamais se relire tant que tu es en plein projet. Alors oui, durant l'écriture d'un article, c'est assez facile d'attendre la fin. Lorsqu'il s'agit d'un roman, c'est tout de suite plus difficile. Mais si tu commences à te relire et à éditer, tu va tomber dans une spirale infernale fonctionnant sur ce principe:
"C'est l'heure d'écrire ! Oh, et si je me relisais ? Je vais réécrire un peu ce passage, tiens. Ah, et celui-ci. Bon, ça fait une demi-heure que je suis dessus, j'ai assez travaillé pour aujourd'hui."
Et finalement, après 3 ans, tu es toujours à la page 52. Pas du tout vécu, non.
Tu écris tout d'abord, tu corriges après.

 Conseil 4 : Fixe-toi un nombre de mots à écrire quotidiennement (minimum 500 sinon ce ne sera pas assez grand et ton muscle glandera toute sa vie et ni toi ni moi ne voulons ça), FAIS LE, ne regarde pas en arrière, et même si la curiosité te prend à la gorge parce que tu te dis "BORDAYL J'AI ECRIT 90 PAGES JE VEUX SAVOIR DE QUOI C'EST FAIT" tu attends que tout soit terminé et puis tu savoures tes fautes de grammaire, tes mots manquants et tes larmes de sang en voyant toutes les répétitions que tu as faites.

 Conseil 5 : Crée des fiches pour chacun de tes personnages. Age, études, famille, goûts, caractère, opinions philosophiques et religieuses, bouquins préférés, etc. Cela les rendra plus creusés, plus riches, ça t'aidera à t'attacher à eux et cet attachement se ressentira dans ton écriture.

 Conseil 6 : Au début, tu ne vas pas avoir beaucoup d'idées, mais note les dans un carnet. Mets les personnages principaux, les scènes que t'as trop envie d'écrire, les autres scènes qui te viennent à l'esprit, puis mets-les dans l'ordre. Commence à peaufiner tes personnages en leur trouvant des traits de caractères de force (je me suis ainsi retrouvée avec un perso en formation d'esthéticienne alors qu'elle rêve d'ouvrir un resto chinois mais son père ne veut pas parce qu'il est raciste. Voilà voilà), commence à trouver d'autres scènes pas mal, si tu veux tuer quelqu'un, note le aussi. Mets de l'ordre dans tout ça et attends que d'autres idées affluent. Puis tu commences, à ton aise, tranquille, quand tu as de nouvelles idées tu les notes, tu stresses pas.

 Conseil 7 : Si tu tiens à tuer un personnage, choisis parmi tes préférés. Ainsi, tu seras d'avantage
touché-e par sa mort et tu seras donc plus à même d'écrire sa mort avec sentiments et tristesse (parce qu'en effet, la mort, c'est jamais trop beaucoup la joie).

 Conseil 8 : Point racisme ! Certains petits éléments de ton histoire vont peut-être te paraître anodins, mais tout de suite plus blessants pour une personne "de couleur" qui lirait tes écrits.
a) Les descriptions du type "peau chocolat", "peau caramel", etc, on évite. Est-ce qu'on dirait "peau meringue" pour une personne blanche ? Non.
b) Le héros blanc qui vient en aide aux personnages secondaires noirs/asiatiques/etc. Ça part d'un bon sentiment, personne ne peut le nier, mais cela laisse entendre que pour améliorer sa condition, une personne d'une autre ethnie que la nôtre aurait besoin du Blanc pour s'élever. C'est le même débat que pour "l'homme doit-il contribuer au féminisme ?" : oui, mais discrètement. On en arrive vite à défendre la femme alors qu'elle pourrait le faire toute seule, à l'interrompre, etc, ce qui revient à nouveau à se mettre en avant en tant qu'homme et montre que la femme a besoin de l'homme pour s'élever. Même schéma, donc.
c) Parler de la couleur de peau d'une personne de couleur alors qu'on ne le fait pas pour une personne blanche. Cela revient à dire que la couleur de peau d'une personne noire/asiatique/etc est assez importante pour être mentionnée, car atypique. Deux solutions s'offrent à nous : soit tu décris la couleur de peau de tout le monde, soit tu ne décris la couleur de peau de personne. Personnellement, j'ai opté pour cette dernière initiative : il y a une personne noire dans mon roman, mais seule moi sait de qui il s'agit car finalement, cette personne aura d'autres façons de se démarquer que par sa couleur de peau.

Ça peut paraître anodin, tout cela, mais il ne faut jamais oublier que tant que tu n'es pas concerné, tu ne sauras jamais si cela peut blesser ou non. Un jour, tu vas voir un humoriste blaguer sur les gothiques. Tu vas trouver ça drôle et absolument pas vexant.
Andouille. Bien sûr que non, tu ne vas pas trouver ça vexant, ce n'est pas de toi qu'on rit.
Mais regarde un peu l'expression du gothique assis à côté de toi et tu remarqueras une légèrement différence entre son avis sur la question et le tien.

Je pense que cette brève liste de conseils peut s'arrêter là. Mais n'oublions pas qu'il s'agit de mon point de vue sur le sujet et que toute personne a une façon différente d'écrire. Certaines personnes s'en sortent à merveille sans plan, d'autres non. Le tout est d'essayer et de voir ce qui nous sied le mieux.

C'est tout pour cet article. Ce fut une expérience vraiment enrichissante et motivante pour moi, et je compte bien continuer sur ma lancée et me montrer tout aussi productive que durant ce dernier mois.
Et soyons-en sûrs : l'année prochaine, je reparticipe !